Faire photographier son chien : comment se passe une séance animalière
Photographier un animal, c'est accepter de ne rien contrôler. On ne dirige pas un chien comme on dirige un modèle : on installe les conditions, et on attend le bon moment. C'est plus long, et souvent plus gratifiant.
Ce qui change par rapport à un portrait
Trois différences structurent toute la séance :
- Aucune consigne ne fonctionne. L'animal ne pose pas. On provoque des situations, on ne commande pas des attitudes.
- Le rythme est imposé par lui. Un chien donne son meilleur pendant vingt à trente minutes, puis se lasse. Au-delà, on n'obtient plus rien de bon.
- Le taux de déchet est élevé. Beaucoup d'images pour peu de gardées. C'est normal, et c'est prévu.
La préparation
Quelques points qui changent tout :
- Sortez-le avant. Un chien qui vient de courir trente minutes est nettement plus posé qu'un chien qui sort du canapé.
- Apportez ses friandises préférées, et un jouet qui fait du bruit. Ce sont les seuls outils de direction dont on dispose.
- Brossez-le la veille. Le poil se voit énormément en gros plan.
- Nettoyez le collier, ou prévoyez de le retirer si l'animal est en sécurité.
- Venez avec quelqu'un qu'il connaît. Une personne pour tenir, appeler et rassurer pendant que je photographie : c'est presque indispensable.
Le lieu
Un endroit que l'animal connaît ou dans lequel il se sent en sécurité. Un chien anxieux dans un lieu inconnu passera la séance à surveiller son environnement au lieu de vivre.
Autour de Toul, un chemin, un pré, un jardin ou même l'intérieur de la maison près d'une fenêtre fonctionnent très bien. Le décor compte moins que le calme.
L'heure
Comme pour les portraits, la fin de journée donne la plus belle lumière. Mais avec un animal, un autre critère prime souvent : le moment où il est le plus calme. Si votre chien est infernal le soir et paisible le matin, on fait le matin.
Par temps couvert, on est libre de l'heure — et le poil sombre est bien plus facile à exposer sous un ciel gris.
Le déroulé
Comptez une heure sur place, dont environ trente minutes de prises de vue réelles réparties en plusieurs séquences, entrecoupées de pauses.
On alterne trois types d'images :
- Le portrait posé — l'animal assis ou couché, regard vers l'objectif, obtenu avec un bruit ou une friandise tenue près de l'appareil.
- L'action — course, saut, jeu. Vitesse rapide, autofocus continu, rafale.
- Les détails — pattes, truffe, texture du poil, yeux. Souvent les images les plus émouvantes.
Le regard : le vrai enjeu
Une photo animalière tient à la netteté de l'œil. C'est le point sur lequel je fais systématiquement la mise au point, et c'est ce qui distingue une image qui touche d'une image quelconque.
Pour obtenir un regard : un son inhabituel — un sifflement, un froissement, un petit couinement — juste avant de déclencher. L'effet dure deux secondes, et il ne fonctionne qu'une ou deux fois. Il faut donc être prêt avant de faire le bruit.
Les animaux noirs
Un chien noir est le cas le plus difficile : le poil absorbe presque toute la lumière et les détails disparaissent dans une masse sombre. Deux règles : éviter le plein soleil, qui creuse encore plus, et travailler en lumière douce et latérale, qui révèle la texture.
Les chats
Encore moins dirigeables, et généralement plus à l'aise chez eux. Une séance chat se fait presque toujours en intérieur, près d'une fenêtre, en s'adaptant à ses déplacements. La patience est le seul outil.
Vous pouvez aussi essayer vous-même
Beaucoup de choses sont accessibles avec un téléphone : voir photographier son chien soi-même.
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